Des originaux de Léonard de Vinci à Chambord

Le Château de Chambord présente trois feuillets originaux du Codex Atlanticus de Léonard de Vinci venus tout droit de la Veneranda Biblioteca Ambrosiana – Pinacoteca de Milan.

Codex Atlanticus : Etudes de physique sur les contrepoids et le mouvement perpétuel (Fol. 1062) Léonard de Vinci (1478-15149) Manuscrit sur papier – Veneranda Biblioteca Ambrosiana – Pinacoteca, Milan (Italie)

Dans le cadre des célébrations de son 500e anniversaire, le Domaine national de Chambord propose au public une exposition exceptionnelle, la plus importante de son histoire, sur un sujet inédit : Chambord au passé et au futur.

Certes, il n’a pas été « l’architecte de Chambord », d’abord parce que ce château est une oeuvre collective, dans laquelle le roi François Ier a joué un rôle central tout au long de sa construction, ensuite parce qu’à la différence de Romorantin, on ne connaît aucun dessin de Léonard qui soit directement relatif à Chambord.

En revanche, les conversations que le roi a probablement eues avec le vieil artiste ont profondément marqué le projet architectural de Chambord, y laissant d’incontestables « signatures ». On l’a dit du « plan centré » et de l’escalier. Mais il y a plus.

À la fin de sa vie, compte tenu de son état de santé, Léonard était essentiellement préoccupé de questions spéculatives : le « savant-philosophe » avait pris le pas sur l’artiste-ingénieur. Il voyait le monde comme un jeu de forces où la dynamique des fluides (l’eau, l’air, le sang) engendrait les formes ; il avait médité sur le problème de la « quadrature du cercle » et envisageait une géométrie dynamique, où les formes se métamorphosent les unes dans les autres. Son objet de prédilection, au centre de cette méditation, était la spirale tourbillonnante : la forme qui naît du mouvement.

L’expert des machines était devenu théoricien de la grande machinerie du monde. Pour saisir comment ces thèmes se sont inscrits au coeur de l’architecture de Chambord, il faut maintenant en venir à ce qui était, en 1519, le projet initial. Il faut faire renaître l’utopie primitive de Chambord : un donjon en « svastika », planté au milieu d’un « désert ».

Les 3 feuillets du Codex Atlanticus exposés recoupent les 3 domaines reliant Léonard à Chambord : architecture, cercles et carrés, mouvement perpétuel. Des originaux du maître à découvrir dès maintenant et jusqu’au 1er septembre.

En conclusion de l’exposition, après la pièce finale consacrée aux trois dessins originaux de Léonard de Vinci, un film exceptionnel, créé pour l’exposition, montre au spectateur le projet initial du château, jamais réalisé, sur lequel plane le génie concepteur du vieux Maître, mort quelques mois avant le début du chantier…

 

 

Informations pratiques

Exposition « Chambord, 1519-2019 : l’utopie à l’œuvre »

Du 26 mai au 1er septembre 2019

2e étage du château de Chambord

Accès compris avec l’entrée du château et des jardins à la française

Gratuit jusqu’à 26 ans (ressortissants de l’Union européenne)

Scénographie : Agence Nathalie Crinière (Paris)

Commissariat : Dominique Perrault, Roland Schaer

Commissaires associés : Yannick Mercoyrol, Virginie Berdal