Ecopâturage à Chambord

Chambord s’engage depuis une dizaine d’années dans la conservation d’espèces locales comme l’abeille noire de Sologne (une quarantaine de ruches présentes sur le domaine) et intègre les principes de l’agriculture de conservation, avec la mise en place d’un troupeau de brebis solognotes en écopâturage.
Les brebis solognotes à Chambord

Chambord, défenseur du patrimoine français, local et rural, perpétue cette tradition d’élevage.

Dès sa conception, il y a 500 ans, Chambord a été pensé comme un tout : un palais fut construit au sein d’un
immense espace naturel travaillé par l’homme durant des siècles. Jusqu’en 1914, une dizaine de fermes étaient
d’ailleurs en activité dans le Domaine.

Le passage en agriculture biologique se poursuit en intégrant les principes de l’agriculture de conservation,
avec la mise en place d’un troupeau de brebis solognotes en éco-pâturage. Une convention a été signée avec
l’association GEODE, en charge de la conservation de cette espèce, présente depuis le Moyen-Age sur le
territoire français. Au XIXe il y avait 350 000 brebis solognotes. L’espèce, proche de l’extinction en 1970 avec
seulement 300 brebis, est encore menacée aujourd’hui.

En 2018, Chambord accueillit un troupeau de 40 brebis solognotes sur les 65 hectares d’herbages, situés pour
l’essentiel sur les terres de l’Ormetrou et aux abords des routes de Bracieux et Thoury. Aujourd’hui, le troupeau
compte 75 brebis et 80 agneaux

Histoire

La brebis de Sologne est considérée comme une des races actuelles la plus proche des anciens types de moutons français. Au XVème siècle, son élevage était très important dans la région. La renaissance et l’installation de la Cour en Val de Loire favorisa la prospérité du commerce des laines et de l’élevage ovin. Les guerres de religion sonnèrent le glas de cette prospérité, mais l’élevage ovin, plus facile à pratiquer et plus rentable que la céréaliculture, resta l’activité principale de la Sologne. Vers 1850, l’effectif ovin de la Sologne est estimé à 300 000 têtes et représente quasiment l’unique ressource de revenu des paysans solognots. Seule la race solognote pouvait résister aux conditions sévères du milieu (humidité, végétation très pauvre) où les troupeaux pâturaient dans les bruyères. Les draperies de Romorantin, fournisseurs de l’Armée, assuraient un débouché important pour les laines. Les agneaux étaient vendus pour être engraissés dans le Val de Loire, la Beauce ou le Gâtinais.

Chambord agricole et durable

L’exode rural consécutif à la première guerre mondiale, devait provoquer la quasi-disparition des moutons en Sologne. Dans les années 1950, le troupeau est estimé à quelques centaines de têtes. En 1968, la race est mise en réserve génétique. Son schéma de sauvegarde débute en 1976, et lui permet de bénéficier de mesures de protections des races menacées. Grace à l’installation de nombreux éleveurs qui travaillent en circuit court pour la filière viande, les effectifs sont aujourd’hui de 5000 têtes. Leur suivi génétique est assuré par l’organisme national de gestion génétique GEODE.

 

Aptitudes de la race

La solognote est une race très rustique, tant par sa tolérance aux maladies que par sa capacité de tirer parti d’une végétation pauvre et ligneuse. Les agneaux sont totalement roux et les adultes ont le corps bise (blanc), la tête et les pattes rousses. Elle est bien adaptée aux sols pauvres et humides qui caractérisent la région, ne craignant pas de marcher dans l’eau alors que d’autres brebis présenteraient rapidement des signes de maladies et d’apparition de nombreux parasites.

D’un tempérament vif et curieux, elle est plus proche du caractère de la chèvre que les autres moutons.

De tout temps, la qualité gustative de sa viande a été vantée, dont le goût très fin est plus proche du chevreuil que du mouton. Les éleveurs de solognotes développent une marque « agneau de race solognote » qui permet aux acteurs de la filière viande l’identification et la promotion de cette production de qualité. L’utilisation de sa laine, reprise par quelques éleveurs pour divers confections ou de pelotes, reste confidentielle, au profit de la laine d’autres races améliorées par des croisements avec de la race Mérinos.

L’élevage des brebis solognotes

Pour cette première année, Chambord accueille 50 brebis solognotes et souhaite progressivement développer le troupeau pour en accueillir 200.

Suivant l’objectif de redonner au domaine sa vocation agricole,  50 agnelles (âgé de six mois) et un bélier sont arrivés il y a quelques jours et forment le troupeau de base pour arriver à un objectif de 200 brebis en 2026, divisées en quatre troupeaux, conduits en élevage biologique.

Ainsi, plusieurs enjeux apparaissent afin de valoriser ces animaux au sein du domaine :

  • Enjeux sociétaux : retrouver le caractère pastoral du Domaine national de Chambord, participer à la sauvegarde et au développement de la race.
  • Enjeux économiques : valorisation de la viande d’agneau dans les restaurants de Chambord, baisse des apports d’engrais.
  • Enjeux environnementaux : système d’éco-pâturage dynamique favorable à la biodiversité et à l’enrichissement des sols, valorisation et entretien des pairies, de la vigne et des jardins potagers, baisse des intrants chimiques et organiques.

Les agnelles rentrent dans un système de pâturage tournant entre les prairies de l’Ormetrou, des grenouillères et les prairies situées au cœur du domaine.

En juillet !
Festival de Chambord, du 2 au 16 juillet, à suivre sans modération !