Colloque sous l’égide de l’UNESCO : Mossoul à Chambord

Le 26 juin 2019. L’enjeu de ce colloque était de rappeler l’importance du patrimoine dans la capacité à faire vivre ensemble des communautés. Contrairement à ce qu’on peut croire, la préservation du patrimoine ne se fait pas dans un repli sur soi mais compose bien l’ouverture au monde.

Ce colloque a été mené sous l’égide de l’UNESCO et de sa directrice générale, Audrey Azoulay.

La rencontre au Château de Chambord (mercredi 26 juin), organisée conjointement par l’Université des Nations Unies et l’UNESCO, s’est inscrite dans le sillon de précédentes conférences tenues en 2014 (sujets : Les guerres du XXIème siècle,2001-2014 ; La sauvegarde du patrimoine culturel en période de conflit armé), en 2015 (sujet : Les migrations) et en 2017 (sujet : Le visage humain de la migration : perspectives historiques, témoignages et politiques).

L’Université des Nations Unies (UNU) est un think tank global et une organisation d’enseignement postdoctoral dont le siège est au Japon. L’Université des Nations Unies a pour mission de contribuer, par le biais de la recherche et de l’éducation, aux efforts visant à trouver des solutions aux questions complexes de développement et de bien-être humains qui sont d’intérêt pour les Nations unies et ses États membres.

L’Ambassadeur Daniel Rondeau, écrivain, éditeur, journaliste, diplomate, ancien Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO et ancien Ambassadeur de France à Malte, membre de l’Académie française, est le représentant de l’UNU en France et auprès de l’UNESCO.

Le Château de Chambord célèbre par ailleurs cette année les 500 ans de l’ouverture de son premier chantier de construction en 1519, et a commémoré la mort de Leonardo da Vinci, survenue le 2 mai 1519 avec des célébrations conduites au Château par les Présidents de la République française et de la République italienne le 2 mai 2019.

 

Note sur l’évènement

En 1519 François 1er décide de faire construire le château de Chambord, qui devient vite la nouvelle « merveille du monde ». Situé au cœur de plus grand parc forestier d’Europe, ceint d’un mur de 32 kilomètres de long, ce joyau du patrimoine français, inscrit depuis l’an 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, faisant partie du site de Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes, fête cette année le 500éme anniversaire de sa fondation. C’est aujourd’hui encore un ensemble architectural à la beauté impressionnante, miraculeusement épargnée par le passage des siècles.

A l’occasion de ce jubilé, l’Unesco, le Domaine national de Chambord et l’Université des Nations Unies ont décidé s’associer et d’inviter dans l’écrin préservé du château de François 1er les hommes et les femmes qui, à Mossoul (l’ancienne Ninive), se battent pour relever les monuments et les bibliothèques détruites par l’Etat islamique, consoler les cœurs blessés et faire vivre la liberté dans leur pays. La Mésopotamie, le pays entre les fleuves, c’est là que les Sumériens, écrit Wilfred Thesiger, « avaient fondé leurs cités, sur les sites des anciens villages enfouis sous des épaisseurs de limon et qui furent ainsi à l’origine de ce qui a peut-être été la première civilisation du monde ».

Mossoul à Chambord, s’est inscrit dans la lignée de l’appel lancé par l’Unesco pour la Nubie en 1960. André Malraux avait alors souligné l’importance symbolique du sauvetage des temples de Haute Egypte en déclarant qu’avec cet appel, « la première civilisation mondiale revendique publiquement l’art mondial comme son indivisible héritage ». Cet héritage irrigue dans notre temps des forces anciennes : esprit et liberté, qui ont inspiré l’initiative phare de l’UNESCO Faire revivre l’esprit de Mossoul (et notamment la reconstruction de la Mosquée Al-Nouri, monument symbole à la fois du rôle de carrefour de cultures que la ville de Mossoul a joué dans l’histoire et de sa chute, suite à sa destruction par les mains de l’Etat islamique).

Cette journée a donné la parole aux acteurs irakiens de l’esprit de Mossoul (responsables politiques, universitaires, combattants du quotidien), mais aussi à des écrivains, des diplomates et de grands témoins.

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