Et si l’histoire se racontait aussi par le goût ?
Chambord a invité à découvrir, lors d’une conférence suivie d’une dégustation de « la boisson chocolat », comment les saveurs venues des colonies au siècle des Lumières ont fait émerger un nouvel art de vivre, transformant aussi bien les goûters aristocratiques que les petits-déjeuners français.
Érick Noël, professeur d’histoire moderne à l’université des Antilles, spécialiste des questions liées aux outre-mer (milieu planteur, sociétés créoles et immigration noire en France) a donné une conférence inédite sur l’influence des produits nouveaux, reflet des colonies qui, au XVIIIe siècle, ont pris une place incontournable à la table des Grands. Le sucre, “or blanc des Îles”, s’est immiscé dans les boissons comme dans la pâtisserie, mais a aussi entraîné dans son sillage le café, le cacao et le thé. Ces derniers, jugés jusqu’alors trop âcres, ont pu être consommés pour faire émerger un nouvel art de vivre, du petit-déjeuner français aux goûters aristocratiques, avant une relative vulgarisation des pratiques à la veille de la Révolution.
Bernadette Pagesy, responsable de la communication de La Maison du Cacao en Guadeloupe, a proposé ensuite un voyage gustatif autour du chocolat. Les participants ont pu déguster « la boisson chocolat » préparée selon la recette d’origine, telle qu’elle était consommée au siècle des Lumières. Étapes de la préparation et astuces ont été partagés pour permettre à chacun de reproduire la recette de cette boisson profondément ancrée dans le patrimoine culturel des îles d’Amérique, et reflet d’une identité plurielle.
Le voyage gustatif s’est poursuivi par la dégustation de quelques chocolats à croquer aux saveurs d’antan, préparés par la Maison du Cacao en Guadeloupe.