Écrivains à Chambord

8e édition des Écrivains à Chambord

Pour cette nouvelle saison littéraire, nous avons décidé de modifier le rythme des rencontres : auparavant mensuelles, elles sont désormais concentrées sur deux week-ends (14/15 avril et 29/30 septembre), de sorte à privilégier le dialogue entre les écrivains invités et à créer ainsi deux temps forts consacrés à l’écriture, en dépassant d’ailleurs les bornes de la fiction proprement dite. Le premier rendez-vous, en avril, a rassemblé ainsi un romancier, un anthropologue et deux poètes qui se sont également aventurés dans les domaines de la prose et de la critique.

14 avril : Arno Bertina & Eric Chauvier

Le samedi 14 avril, nous avons eu le plaisir de susciter un dialogue entre Arno Bertina et Eric Chauvier autour de la question politique, au sens large du terme, à partir de leurs réflexions énoncées notamment dans Des châteaux qui brûlent et Les nouvelles Métropoles du désir.

Arno Bertina (né en 1975) est en territoire familier à Chambord : il a en effet été en résidence pendant trois mois en 2012, période durant laquelle il avait à la fois mis la dernière main à Numéro d’écrou 362573 et à un journal de résidence, SebecoroChambord, publié par le Domaine.

Ces deux livres formaient déjà le projet d’une écriture croisant documents et réflexion politique, critique sociétale et polyphonie narrative.

Ces éléments prennent dans Des châteaux qui brûlent une dimension plus ambitieuse : nourri d’un fait divers réel (la grève des employés de la société Doux), ce dernier roman de Bertina a été salué par la critique qui a reconnu la grande finesse de traitement, l’énergie qui travaille les voix d’un texte ouvert à la multiplicité des discours.

Si cet enjeu politique contemporain inspire à nouveau les écrivains français, il nous a toutefois semblé plus intéressant de croiser la perspective du romancier avec le souci d’un anthropologue comme Eric Chauvier, né en 1971, dont la pratique rompt à ce point avec le discours scientifique classique que certains de ces ouvrages ont pu être (faussement) lus comme des fictions. S’attachant à analyser la vie quotidienne de nos sociétés (Anthropologie de l’ordinaire), sans craindre de se mettre lui-même en scène, Eric Chauvier porte également une attention toute particulière au langage (Les Mots sans les choses), croisant dans son travail dérives de la langue et distorsions politiques. Il a lu des passages des Nouvelles métropoles du désir, qui peuvent résonner avec certains des enjeux du roman de Bertina.

15 avril : Stéphane Bouquet & Christophe Manon

Stéphane Bouquet : DR - Christophe Manon : © Sylvain MaestraggiLe lendemain, ce sont deux poètes d’une nouvelle génération que nous avons souhaité inviter à l’échange : Stéphane Bouquet et Christophe Manon. Si la poésie contemporaine est, par nature, une écriture des marges, elle a pourtant toute sa place dans le château d’un roi qui a pu s’adonner aux vers, et dans une série de lectures qui fut inaugurée, en 2011, par Yves Bonnefoy, et a permis de faire entendre les voix de Bernard Noël, Antoine Emaz ou Jean-Louis Giovannoni.

 

Avec Stéphane Bouquet (né en 1968) et Christophe Manon (né en 1971), ce sont les successeurs des poètes précédemment invités que nous avons fait entendre au public. Stéphane Bouquet a déjà une oeuvre importante, comptant une dizaine de livres, autant de scénarios de films, tout un corpus critique, notamment aux Cahiers du cinéma et même des participations à des chorégraphies de Mathilde Monnier.

 

Son écriture poétique se trouve ainsi à la frontière d’autres pratiques, tendue vers une “communauté” afin de “proposer des formes littéraires qui soient aussi des formes de vie, des façons d’organiser le réel pour le rendre mieux vivable” : c’est par ces mots que Bouquet rend compte de sa poétique, faite de douceur, mais également d’une forme d’intensité du désir. Il a lu à Chambord des extraits de Vie commune, livre déroutant qui s’ouvre par trois poèmes, suivis d’une pièce de théâtre et qui s’achève sur trois nouvelles, mais également des passages d’Un Peuple et de La Baie des cendres, écrit à partir de neuf clichés du photographe Morgan Reitz. En écho à ce dernier texte, Christophe Manon a lu également des extraits de Jours redoutables, un texte également écrit à partir de photographies, de Frédéric Oberland. Auteur d’une quinzaine de livres de poésie, Ch. Manon poursuit une aventure dans la langue qui s’affirme au gré des publications dans une tonalité désormais plus volontiers lyrique. Au nord du futur, qu’il a partagé avec le public de Chambord, déploie cette dimension lyrique, portée par un “nous” qui peut faire écho à cette communauté placée par Stéphane Bouquet à l’horizon du poème. Un poème frayant parfois avec la prose, dans de longs vers brisés dont on retrouve la teneur splendide dans un récit très remarqué, Extrêmes et lumineux, paru en 2015 aux éditions Verdier.

Un nouveau décor pour Chambord

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Mesures de sûreté «VIGIPIRATE»

A la suite des attentats survenus en France en 2015 et 2016, et afin d’assurer la sécurité des visiteurs, le domaine national de Chambord applique les mesures préventives décidées par le gouvernement pour les administrations publiques.
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