Domaine national de Chambord

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Expositions

1939-1945 Otages de guerre à Chambord

Le Domaine national de Chambord propose, du 9 octobre 2009 au 10 mai 2010, une exposition à caractère historique ayant pour thème Chambord pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet évènement fera écho à l’exposition de photographies sur l’exode des musées parisiens organisée par le Louvre à partir d’avril et à l’hommage rendu à Rose Valland à Lyon l’hiver prochain.

Bien que la question du sort des collections françaises et de leur protection pendant la guerre commence à être connue et à faire l’objet de publications régulières peu de personnes savent comment Chambord s’est inscrit dans la protection des chefs-d’œuvre de nos musées, de 1938 à 1949, et combien la vie du domaine a été dramatique en août 1944 lorsque les habitants du village, le château et les œuvres qu’il renfermait ont été sur le point de devenir la proie des flammes en raison de représailles allemandes.
Chambord a ainsi eu l’occasion d’accueillir la Joconde à trois reprises (placée en tête de liste de 50 tableaux les plus prestigieux devant quitter Paris à la moindre alerte) mais d’assurer également la protection de centaines d’œuvres dont le Retable de Bâle, la Dame à la Licorne, des dessins de Léonard de Vinci et Pisanello, le grand pastel de Madame de Pompadour et l’essentiel de la collection des plans-reliefs.


Cette exposition permettra d’expliquer aux visiteurs de tous âges, et de différentes nationalités, comment et pourquoi la France en vient à organiser l’évacuation et la protection des œuvres des Musées nationaux, le choix de Chambord comme gare régulatrice d’où les œuvres sont ensuite majoritairement réparties dans des lieux plus discrets, sans cesse plus nombreux et dont la localisation a évolué en fonction de la progression de l’occupation allemande et la vie du dépôt jusqu’au retour des œuvres dans leurs musées respectifs.
Une seconde partie de l’exposition donnera un éclairage inédit sur la vie du village, la gestion de la forêt, et l’organisation de la Résistance à Chambord (avec les réfractaires au S.T.O. qui travaillaient en forêt de Chambord grâce à la complicité du responsable local du service des Eaux et Forêts) et dans les environs jusqu’aux heures sombres d’août 1944. On sait rarement que les journées des 21 et 22 août furent dramatiques avec l’exécution de quatre Résistants par des troupes allemandes en retraite et l’incendie d’une partie du village. La destruction du château fut, par ailleurs, évitée de justesse.

Placée sous la direction d’un comité scientifique majoritairement constitué d’historiens, dont Jean-Pierre Azema, et scénographiée par Scénorama, l’exposition sera également l’occasion de rendre hommage à tous ces hommes de l’ombres, et ces femmes, qui du directeur des musées nationaux aux gardiens, ont veillé sur la beauté du monde.

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