« La découverte de l’Italie eut infiniment plus d’effet sur le XVIe siècle que celle de l’Amérique ». Jules Michelet, La Renaissance, Paris, 1855.
L’exposition De l’Italie à Chambord, François Ier et la chevauchée des princes français était une plongée au cœur de la première Renaissance.
Commissariat de l’exposition
Catherine Arminjon, Conservateur général du patrimoine ; Denis Lavalle, Conservateur en chef du patrimoine ; Monique Chatenet, Conservateur en chef du patrimoine et Claude d’Anthenaise, Conservateur en chef du Musée de la Chasse et de la Nature.
Les thèmes abordés :
Les guerres d’Italie
Les campagnes d’Italie constituent la première étape d’une aventure qui, de guerrière, deviendra bientôt artistique et culturelle. Bustes et portraits, présentent les acteurs de cette épopée : rois, maréchaux, cardinaux et chevaliers partis à la conquête de l’héritage italien de Valentine Visconti, sans oublier l'évocation de la célèbre bataille de Marignan, mémorable gloire du tout jeune François Ier et de son célèbre chevalier Bayard.
Le retour d’Italie : de grands décors architecturaux innovants
Après avoir évoqué ces chevauchées, l’exposition s’est attachée à faire découvrir l’influence italienne sur les constructions royales et princières du début du XVIe siècle avec des éléments architecturaux et décoratifs provenant des célèbres châteaux de Gaillon et Bonnivet, éléments qui font écho à l’escalier à double vis et à son répertoire décoratif.
François Ier : la salamandre royale et le culte du prince
La gloire de François Ier, personnage central de cette épopée artistique et culturelle, partout présente à Chambord comme en témoigne la salamandre ornant voûtes ou portes, apparaît aussi dans ses portraits et ses étriers de parade. Les tapisseries de l’histoire de Scipion évoquent le parallèle entre François Ier et les glorieux empereurs de l’antiquité.
Chambord et la chasse
Sous François Ier, la chasse constituant l’apprentissage de la guerre, est perçue comme une expression du pouvoir et tient une place prépondérante dans les activités de la cour. Elle prend des formes diverses : affrontement de bêtes sauvages captives dans les parcs, chasse au vol et chasse à courre qui va s’imposer comme pratique spécifiquement française.
Les collections de François Ier
A la suite des premiers collectionneurs royaux et princiers du tout début du XVIe siècle, fascinés eux aussi par les artistes de leur temps, François Ier a constitué une très importante collection de peintures, évoquée ici par la réunion de quelques répliques anciennes des célèbres tableaux de Léonard de Vinci (La Joconde, La Belle Ferronnière…), Raphaël avec le Grand Saint Michel, Sebastiano del Piombo et Andréa del Sarto.
La fascination de François Ier pour Léonard de Vinci : le codex Leicester
Commémorant l’admiration de François Ier pour Léonard de Vinci, l’exposition présentait également une œuvre majeure du maître : le Codex Leicester, rédigé et rassemblé à partir 1504 jusqu’en 1516, dont on peut ainsi célébrer le 500e anniversaire. Ce manuscrit consacré à ses recherches sur l’eau et l’astronomie rappelle ainsi les nécessaires aménagements du site pour la construction du château.
La légende de François Ier au XIXe siècle
Dans la première moitié du XIXe siècle, François Ier devint un sujet de légende auprès des peintres qui rendirent hommage au chevalier mais aussi au roi galant et au collectionneur et protecteur des arts comme on a pu le voir dans les tableaux dits « troubadours » représentant François Ier armé chevalier par Bayard, François Ier recevant la Grande Sainte Famille de Raphaël, Léonard de Vinci peignant la Joconde ou Raphaël peignant Jeanne d’Aragon, exposé pour la première fois.
Le catalogue
Un livre, très llustré, évoquant les aspects historiques et artistiques de la première Renaissance française permet de prolonger et d’approfondir la visite (Somogy / Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature).
Autour de l’exposition
- Colloque international : « Les chasses dans les cours européennes à la Renaissance », les 1er et 2 octobre 2004.
Si, dans la plupart des cours occidentales, la chasse est considérée comme l’expression du pouvoir, elle revêt alors des modalités différentes. Les exposés des historiens étrangers et français permettront de confronter les différentes pratiques, les cadres législatifs et financiers, l’aménagement des domaines de chasse, l’image artistique et littéraire de la chasse. Ce colloque, organisé par la Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature et le Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance de Tours, a donné naissance en 2007 à une publication intitulée Chasses princières dans l’Europe de la Renaissance chez Actes Sud.






